La relation entre beauté et inégalité des sexes

Une récente étude met en lumière le dilemme auquel se trouvent confrontées les femmes actives en matière de beauté.

Il y a environ trois décennies, Naomi Wolf avait publié The Beauty Myth (Le mythe de la beauté), dans lequel elle affirmait que les normes de beauté imposées aux femmes servaient à les maintenir dans un état de subordination face aux hommes. La dernière recherche soutient cette théorie en révélant que la pression qui pousse les femmes à investir temps, argent et efforts pour leur apparence est alimentée par le sexisme et l’intention de freiner leur avancée vers l’égalité. Cela a pour effet collatéral d’engendrer de la discrimination sexuelle sur le lieu de travail.

Il est bien connu que les femmes allouent une partie significative de leur temps et de leur budget à leur look. D’après une enquête réalisée par Today et AOL, les femmes passent environ 55 minutes par jour à se préparer pour leur beauté, soit l’équivalent de deux semaines chaque année. De plus, une étude conduite par le détaillant en ligne de produits de beauté Skinstore a montré que les femmes dépensent en moyenne 300 000 dollars pour leurs soins du visage au cours de leur vie (à noter que l’enquête a été réalisée auprès de leurs propres clients, qui sont probablement plus investis dans les produits que la femme classique). Cependant, il a également été constaté que la routine de soins du visage de la femme moyenne nécessite environ 16 articles. Les dépenses des femmes représentent entre 80 et 90 % du marché cosmétique, qui est évalué à 500 milliards de dollars. Mais se pourrait-il que cela fasse partie d’un plan plus vaste pour éloigner les femmes des positions de pouvoir ?

Selon une nouvelle recherche, les habitudes de beauté qui demandent un investissement considérable en temps et en finances vont au-delà de la simple expression individuelle des femmes. Les chercheurs Leeat Ramati-Ziber, Nurit Shnabel et Peter Glick ont publié six études dans le Journal of Personality and Social Psychology, explorant les motivations qui incitent les femmes à consacrer autant de temps à leurs pratiques esthétiques.

La pression sociale autour de la beauté et l’égalité

Lorsque l’on perçoit que les femmes ont une chance d’accéder à l’égalité, cette perception engendre une pression supplémentaire pour qu’elles correspondent aux critères de beauté.

C’est l’un des points clé de l’étude. Les chercheurs ont constaté que ceux qui croyaient que les femmes pouvaient atteindre un statut égal à celui des hommes étaient plus susceptibles de penser que celles-ci devaient passer plus de temps à leur beauté.

La méthodologie de la recherche

Pour mener à bien cette recherche, deux groupes de participants ont été constitués. Le premier groupe a été exposé à un texte stipulant que les rôles et différences entre hommes et femmes demeureraient inchangés. En revanche, le second groupe a étudié un passage suggérant que les rôles des sexes tendaient à s’harmoniser, et que les distinctions entre hommes et femmes tendraient à s’effacer dans un avenir rapproché. Les participants du second groupe, ayant été informés que l’égalité des sexes était à portée de main, étaient plus enclins à penser que les femmes devaient investir davantage de temps dans leur quête de beauté.

Ophélie

« Je m’appelle Ophélie, je dirige l’association Destins de femmes à Arles, un engagement né le jour où j’ai réalisé, en feuilletant des archives locales, à quel point l’histoire des femmes avait souvent été racontée à voix basse.
Dynamique et profondément investie dans la vie associative, je travaille chaque jour pour faire avancer les droits des femmes et transmettre leur mémoire.
J’écris ici pour partager ces récits, éveiller les consciences et donner envie d’agir, à hauteur humaine. »

Destins de Femmes