Quels étaient les noms des suffragettes françaises ?

En 1944, la France est devenue l’un des derniers pays à accorder le droit de vote aux femmes, et les Françaises se battent pour leurs droits depuis 1789.

La détermination de ces femmes a été démontrée à de nombreuses reprises, de la pétition des femmes adressée à l’Assemblée nationale pendant la Révolution française à l’Union française pour le suffrage des femmes. En l’honneur de ces femmes inspirantes, nous avons dressé une liste de quelques-unes des suffragettes les plus puissantes de France.

Olympe de Gouges

Olympe de Gouges (Olympiade de Gouges) née en 1748 a rédigé la « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », qui était adressée à la reine Marie-Antoinette. Ce manifeste a été le premier à introduire la question des droits des femmes dans la Révolution française.

À peu près au même moment que la Marche sur Versailles, organisée par des femmes qui protestaient contre le prix élevé du pain, Etta Palm d’Aelders a publié un pamphlet proposant la formation d’un réseau de clubs de femmes à travers le pays afin de lancer un programme d’aide sociale pour « surveiller efficacement les ennemis abrités au milieu de la capitale » et soutenir les hommes dans l’armée.

Des clubs politiques exclusivement féminins apparaissent pour la première fois, élargissant progressivement l’horizon politique des femmes et donnant finalement naissance à la question de la citoyenneté féminine. Lorsque la constitution française de 1771, qui prône l’égalité, n’envisage même pas le suffrage des femmes, Olympe de Gouges, écrivain français qui avait déjà publié plusieurs articles contre l’esclavage, est troublée. Elle discute de l’égalité des hommes mais n’aborde pas la situation des femmes.

De Gouges soutient que les femmes doivent se saisir de leur liberté plutôt que d’attendre qu’elle leur soit accordée par les hommes, ce qui serait en totale contradiction avec le contenu de la déclaration. En une simple remarque, elle résume son point de vue sur les droits de la femme : « La femme a le droit de monter à l’échafaud ; elle doit aussi avoir le droit de monter à la tribune ». Les femmes doivent avoir le droit de parler si elles ont le droit d’être exécutées.

Pendant le règne de la Terreur, Olympe de Gouges a été guillotinée pour s’être opposée à la dictature du gouvernement révolutionnaire et pour ses liens étroits avec les Girondistes. Elle a été la première féministe française à demander que les femmes obtiennent les mêmes droits que les hommes.

Claire Lacombe et Pauline Léon

Le 1er janvier 1789, un document intitulé « Pétition des femmes du Tiers État au Roi » a été adressé au Roi, affirmant que les femmes souhaitaient bénéficier de l’égalité des chances en matière d’éducation. Outre l’éducation, l’égalité des sexes est également défendue. La Révolution française, ainsi que le changement d’atmosphère, ont suscité des émotions intenses chez les femmes de la société. L’instabilité politique s’est installée en 1793. Les Jacobins, le parti politique dominant à l’époque, traitaient sans pitié les personnes qui n’étaient pas d’accord avec eux. Les Girondins les suivaient de près. En février 1793, un groupe de dames demande à utiliser le lieu de réunion des Jacobins pour leur propre assemblée. Les Jacobins refusent catégoriquement. Certains disent qu’ils s’inquiétaient d’une « énorme manifestation de femmes ».

Les femmes, désormais connues sous le nom d’Assemblée des femmes républicaines, ont persisté et ont obtenu la permission d’utiliser l’espace de réunion de la Fraternal Society of Patriots of Both Sexes. Le principal objectif de l’assemblée est de parvenir à la stabilité économique. Pour certains, cependant, c’était insuffisant. Ils souhaitent un engagement politique plus important.

Les suffragettes Pauline Léon et Claire Lancombe ont organisé et enregistré la Société des femmes républicaines révolutionnaires à la Commune de Paris le 10 mai 1793. Bien qu’il s’agisse d’une société féministe, elle considérait que sa mission consistait à défendre la révolution. De nombreuses femmes, en revanche, méprisent la société pour diverses raisons, l’une d’entre elles étant qu’elle a signé une pétition exigeant que toutes les femmes portent la cocarde rouge.

Les femmes ont commencé à se méfier les unes des autres, et un groupe d’entre elles a demandé la dissolution de la Society of Revolutionary Republican Women. Cette action a entraîné la disparition non seulement de la société, mais aussi de toutes les autres organisations de femmes. Le sans-culotte qui a dissous l’organisation, Chaumette, a sauté sur l’occasion pour asservir les femmes une fois de plus, affirmant qu’il était en droit d’attendre de sa femme qu’elle s’occupe du foyer pendant qu’il assistait à des réunions politiques, et que c’était là l’étendue de ses responsabilités civiques.

Quoi qu’il en soit, les Femmes républicaines révolutionnaires ont donné aux femmes une voix politique et les ont encouragées à s’exprimer.

Élisabeth Dmitrieff et Nathalie Lemel

L’Union des femmes a été créée en 1871 par Nathalie Lemel et Élisabeth Dmitrieff. Nathalie Lemel est une relieuse née en 1827. Avec ses trois enfants, elle quitte son mari et se rend à Paris. Lorsque les relieurs se mettent en grève en 1864, elle commence sa carrière militante.

Lemel a rejoint l’Association internationale des travailleurs en 1865, et lorsqu’une nouvelle grève a été planifiée, elle a été élue déléguée syndicale et membre du comité de grève – une position peu commune pour une femme à l’époque. Elle commence à prendre la parole dans des clubs de femmes et se bat pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes.

Dmitrieff, fille d’un fonctionnaire tsariste, était une parente de Karl Marx et cofondatrice de la division russe de l’Association internationale des travailleurs. Elle a été envoyée pour couvrir les événements de la Commune de Paris après avoir fait des recherches sur le mouvement ouvrier de Londres. Elle a fondé l’Union des femmes afin d’organiser les travailleuses parisiennes pour soutenir la Commune et lutter contre l’exploitation des femmes. L’expertise de Nathalie Lemel sur les grèves et le mouvement ouvrier parisien, qu’elle apporte au syndicat, a un impact majeur.

L’Union des femmes s’est battue pour l’égalité des salaires, le droit des femmes à l’auto-organisation du travail, le droit de vote, la citoyenneté fondée sur l’égalité civique et juridique. Il a jeté les bases des mouvements féministes du XXe siècle et est au cœur du féminisme moderne.

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