Il est important de noter que toutes les personnes ayant des troubles alimentaires ne présentent pas une image corporelle négative, et inversement, ceux qui perçoivent leur corps de manière négative ne souffrent pas nécessairement de troubles alimentaires.
Néanmoins, une mauvaise image corporelle et des troubles de l’alimentation sont fréquemment liés.
Qu’est-ce que l’image corporelle ?
Votre relation avec votre corps s’appelle l’« image corporelle ». Cette relation est souvent complexe.
Elle joue un rôle essentiel dans votre santé mentale et physique, vos relations et votre confiance en vous. L’image corporelle reflète votre perception de votre corps ainsi que vos pensées et émotions à son sujet.
L’influence de la culture de l’alimentation
La culture du régime a un impact fort sur la façon dont on envisage l’image corporelle. Même ceux qui ne suivent pas de régime sont affectés par cette culture.
Celle-ci se cache parfois derrière des termes comme « mode de vie sain » ou « alimentation équilibrée ». Elle vante la minceur et établit un lien entre poids et valeur personnelle.
En conséquence, la culture du régime peut troubler votre relation avec votre corps et vous rendre préoccupé par votre poids et vos comportements alimentaires.
Il est souvent avancé qu’il faut être mince pour être digne, et ceux qui ne le sont pas sont souvent vus comme responsables de leur condition.
Cette culture tend à promouvoir une mentalité du tout ou rien concernant la nourriture, la santé et le corps.
Il existe des règles qui imposent de manger « x » mais pas « y ». Si l’on « échoue », il est alors de mise de « recommencer lundi ». Pire encore, on est souvent considéré en surpoids si l’on ne se conforme pas au standard de la minceur.
Elle insiste sur la nécessité de respecter des normes externes plutôt que de s’écouter et de faire confiance à son propre corps.
Tous ces messages rendent difficile l’établissement d’une relation positive avec son corps.
Grandir avec une image corporelle saine est plus rare que commun en raison de l’influence prédominante de cette culture.
Les parents, loin d’échapper aux normes, vivent aussi sous cette pression. La culture du régime est tellement ancrée dans notre société qu’il est souvent difficile de la reconnaître.
Les parents perpétuent ces croyances souvent sans en avoir conscience, car elles sont profondément intégrées en eux.
La manifestation d’une image corporelle négative dans les troubles alimentaires
Sensations d’insatisfaction corporelle, préoccupations excessives par rapport à son poids, vérifications compulsives de l’aspect physique, comportements d’évitement, fausses perceptions de la taille et stéréotypes cognitifs sont quelques-unes des manières par lesquelles se traduit une image corporelle négative.
Trois raisons pour lesquelles les troubles de l’alimentation et une mauvaise image corporelle sont souvent liés :
1. Les troubles de l’alimentation sont souvent précédés d’une image corporelle négative.
De nombreuses études soulignent que la mauvaise image corporelle constitue un antécédent évident des troubles alimentaires.
Cela justifie pourquoi les initiatives de prévention se focalisent souvent sur l’image corporelle. Par ailleurs, d’autres troubles comme la dépression, l’anxiété et une faible estime de soi sont souvent attribués à une mauvaise image de soi.
Une perception déficiente de son propre corps peut mener à des régimes restrictifs, à des comportements alimentaires désordonnés et au développement de troubles de l’alimentation.
Les personnes affectées par ces troubles mettent une énorme pression sur la taille et le poids de leur corps pour évaluer leur valeur personnelle, illuminant ainsi le risque accru associé à une image corporelle négative.
2. C’est un symptôme central de divers troubles alimentaires.
La perception négative de son corps est un critère essentiel pour diagnostiquer l’anorexie mentale et la boulimie, deux des troubles alimentaires les plus reconnus.
Dans ces cas, une mauvaise image corporelle se manifeste par un impact significatif de la taille et du poids sur l’estime de soi.
D’autre part, les personnes atteintes d’anorexie éprouvent souvent des déformations dans leur perception de leur poids ou de leur corps, étant parfois inconscientes de la gravité de leur état (sous-poids).
Bien que l’hyperphagie boulimique soit le trouble alimentaire le plus courant, les enjeux d’image corporelle ne figurent pas dans ses critères diagnostiques.
En revanche, environ 60 % des individus souffrant de ce trouble admettent être excessivement préoccupés par leur poids et leur apparence, tout en manifestant des comportements d’évitement et de contrôle sur leur corps.
3. L’amélioration de l’image corporelle est essentielle au rétablissement.
Sans une image corporelle saine, le processus de rétablissement peut s’avérer limité et insatisfaisant.
Les individus aux prises avec des troubles alimentaires craignent parfois que renoncer à leurs comportements contraires à la santé les empêchent de jamais se sentir bien dans leur corps.
Ils croient à tort que perdre du poids et atteindre une taille jugée idéale par la culture du régime est la seule voie vers une image corporelle saine.
Dans un environnement où la culture du régime prédomine, il est extrêmement compliqué de lutter contre les habitudes nuisibles à la santé, telles que les régimes stricts et les limitations alimentaires.
Aider chacun à apprendre à s’affirmer, à s’engager socialement et à devenir l’agent du changement qu’il souhaite voir dans le monde est crucial pour le processus de guérison.
Heureusement, il est possible de surmonter les troubles de l’alimentation, permettant par la même occasion d’améliorer sa perception de soi.
Une première étape cruciale dans ce cheminement réside dans la déconstruction de la culture du régime.
Il n’y a aucune honte à reconnaître que la culture du régime nous influence tous !
Pour avancer vers la guérison et la libération par rapport à l’alimentation et à l’image corporelle, il est essentiel de questionner les « vérités » imposées par la culture alimentaire.
Il est crucial de réfléchir à la manière dont ceder à ces croyances et messages, souvent de manière répétée, a pu altérer votre capacité à écouter votre corps, vos envies, votre faim et votre estime de soi.
Commencez cette démarche introspective en extériorisant certaines des critiques personnelles que vous vous êtes adressées.
Rejoignez-moi pour travailler ensemble à abattre la culture alimentaire. Ce n’est qu’ainsi que notre perception de nous-mêmes pourra évoluer et que l’incidence des troubles alimentaires diminuera.


