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Monde du travail : pourquoi les femmes françaises occupent très peu de postes lucratifs ?

Selon de nombreuses études, les femmes ont une certaine réticence quant à l’idée de postuler à certains emplois assez rémunérateurs. La raison ? Les employeurs ont plus tendance à recruter les hommes pour ce genre de poste. En France, les femmes n’occupent pas assez de postes de responsabilités contrairement aux hommes, et ce dans presque tous les secteurs. Une partie de cet écart reste sans explication. Est-ce à cause d’une discrimination ou d’un manque de compétence du côté féminin ? Ou bien se censurent-elles elles-mêmes ? Le point dans ce billet.

Plus d’hommes que de femmes dans les postes rémunérateurs

Dans le secteur public, les femmes représentent 12 % des postes de direction, 17 % des chefs d’entreprises… selon le rapport « Dix ans de politiques de diversité ». En termes de salaire, les femmes gagnent en moyenne brute 25 % de moins que les hommes. Une différence pouvant être expliquée par plusieurs facteurs visibles : âge, niveau d’étude, formation, etc. en général les femmes optent pour des filières moins rémunératrices que les hommes. Quant aux hommes, ils ont tendance à travailler dans le secteur industriel qui est souvent bien rémunéré. Ce qui explique en partie l’écart salarial entre les deux sexes. Cependant, une partie de l’écart reste inexpliqué. Quant aux banques et établissements financiers qui sont parmi les secteurs qui payent le mieux au monde, la « discrimination » homme-femme en termes de salaire y est très présente. Aux États-Unis par exemple, de nombreux litiges sont liés aux discriminations au travail dans le secteur banquier.

Des dispositions pour équilibrer la tendance

Afin de rétablir une certaine égalité de salaire entre les hommes et les femmes, de nombreuses lois ont fait leur apparition. Au Royaume-Uni, la loi impose désormais aux entreprises comptant plus de 250 employés de révéler les différences salariales entre les deux sexes. Un « mandat de diversité » a également été imposé dans certains pays européens aux conseils d’administration des grandes firmes. Ces dispositions ont été mises en place dans le but d’intimider les entreprises à travers les sanctions et amendes afin qu’elles remettent en question le manque de poste de responsabilité occupé par les femmes. Certaines entreprises ont constaté que le fait de diversifier leurs équipes produit un impact positif pour la société. Ce qui encourage les possibilités de recrutement de personnel féminin tout en favorisant l’innovation des performances. Cependant, il s’agit d’un plafond assez difficile à briser. Il est également difficile de situer les responsabilités. On ne peut pas dire que c’est la faute des entreprises, ou c’est à cause des femmes qui ne postulent pas assez aux grands postes.

Différences d’ambitions et stéréotypes autour des sexes

À l’issue d’une étude réalisée avec un millier d’étudiants issus d’un cursus européen de MBA, on découvre que les attentes et ambitions des étudiants et étudiantes sont différentes. Un sondage a été réalisé à plusieurs niveaux et aux étapes de leur recherche de travail et les postes obtenus ont également été recensés. Les postes qui attirent les étudiants sont déterminés par trois facteurs : la gratification, l’identification et la conviction. En détail, la gratification qui est proposée, l’identification de la pose par l’étudiant et sa conviction d’être embauché.

On peut retenir que les deux sexes, à niveau d’étude et qualification égale, postulent à des postes foncièrement différentes. Ce qui explique en partie les différentes en matière de salaires. Les femmes sont plus attirées par les postes de direction générale alors que les hommes, eux, s’intéressent plus aux métiers de financier ou de consultant. Une chose peut expliquer ce choix des femmes, c’est leur préférence pour des postes qui leur permet d’avoir une vie de famille et une vie professionnelle. Elles ont également du mal à s’identifier à certains métiers traditionnellement exercés par les hommes. Enfin, elles sont généralement convaincues que leur candidature ne sera pas retenue pour ces types d’emplois. Or aucune preuve formelle ne prouvera qu’il est inutile pour les femmes de postuler à certains postes sous prétexte qu’ils sont réservés aux hommes. Contrairement aux stéréotypes sur la gent féminine liés aux salaires, les études ont révélé que les femmes aussi sont intéressées par les gros salaires.

Le système favorise-t-il les hommes ?

Certains reprochent la culture d’entreprise d’être trop masculine. Mais en se penchant de près sur les résultats de l’étude, on s’aperçut que les idées reçues sur la discrimination des sexes renforcent davantage la disparité déjà existante. La longue histoire sur la discrimination féminine a sans doute impacté le subconscient des femmes et structuré leur mental de façon qu’elles ne s’identifient pas aux métiers étiquetés « masculins ». Cela a également impacté leurs espoirs de réussite au moment de candidater. Les recruteurs et entreprises peuvent s’efforcer à répondre aux obligations légales et réduire la discrimination autant que possible, sans vraiment changer leur culture d’organisation.

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